des pointillés de lumière au plafond
signent l'autoroute des brancards
au bloc
l'oxygène graisse les pupilles
"je vous endors, au revoir"
"au revoir"
Par AC
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1
"Il me donna des oignons, du vin. De longues houles vertes, venues du large, prenaient notre barque par le travers, la soulevaient, passaient sous notre coque en un lent mouvement, avant d'aller
lointainement s'écraser sur les récifs et sur les plages."
De François Augiéras, le livre dont j'ai parlé.
Par AC
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1
à l'heure où mon corps
s'orage aux temps prescrits
je parcours le livre d'un homme
cheminant dans l'après-mort
ààà
de m'aime,
je panse mes hante et ses dents
Par AC
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1
mise en mouvement du temps
qui saisit loin vers le passé
et dans son futur des points
pour sa reprise
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aglyphe
Par AC
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jeudi à l'arrière
d'un entrepôt "Porto Cruz"
on m'endormira
entre le fer et la Seine
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"Le jour m'étonne et la nuit me fait peur
L'été me hante et l'hiver me poursuit
Un animal sur la neige a posé
Ses pattes sur le sable ou dans la boue
Ses pattes venues de plus loin que mes pas
Sur une piste où la mort
A les empreintes de la vie"
Paul Eluard, "Un loup",
Dignes de vivre. Cité par Poezibao.
Par AC
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"Brecht n'aura-t-il pas été contre l'onanisme dans un peep-show
et contre le perpétuel culte du moi ?
Oh, je crois que c'est aussi en partie une évolution positive car le tabou de l'onanisme enchaîne aussi les hommes socialement. Aux Etats-Unis, même de vieilles dames vont dans les sex-shops et
demandent des informations détaillées lorsqu'elles achètent des phallus et des vibro-masseurs à usage domestique. Chez nous existe encore cet effroi devant l'instrumentalisation du plaisir ou la
délégation du plaisir à des instruments. Pourtant toute l'histoire de l'humanité repose sur l'utilisation d'instruments et d'outils, il faut donc prendre acte des conséquences."
Heiner Müller,
Fautes d'impression, textes et entretiens.
Par AC
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au plus loin de la fenêtre
les cerises chromophobiques
ont fini par dire : "Je ne
vois plus personne."
Par AC
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en buvant
du vinho verde
dans les plus beaux cafés
de la ville
"Je ne pense pas à mon âme, dirait-il, ni à ma chair. Je ne demande pas si je vais gagner mon salut. Moi j'ai besoin d'amour. J'ai besoin d'apprendre. Mais, apparemment, dans la communauté, tout
avait déjà été appris, tout était enseigné et su depuis toujours. Et les hommes ne pensaient qu'à se préserver de la souffrance ; ils souhaitaient que la langue restât intacte, sans tache."
Herberto Helder.
Les pas en rond.
Par AC
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j'ai cheminé sur une route non inscrite
et me suis retrouvée égarée à la porte
de mon sujet de mémoire d'ingénieure
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"visibilité et invisibilité de l'action"
Richard Long,
a line
Par AC
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les percussions
en procession
croisées au carrefour
sont retrouvées
frappant sur la foule,
un curé et une vierge-mère
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à l'arrière d'un abri-bus
des dames me baisent les joues
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le curé fume après sa messe,
embrasse, serre doucement les mains ;
et pose son regard comme sur
un palier de psychanalyste
Par AC
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"Ce qu'il faut, c'est que chacun se multiplie par lui-même."
Fernando Pessoa.
En bref.
une ville à se perdre,
où agir à l'oreille ;
pénétrer dans l'or
des églises exposant
l'horreur : cheveux
véritables, œil de
verre, plaies et cor-
des ; cadavres de cire
Par AC
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sommeil rattrapé
des nuits sous la tente
du voyage-passage
et des souvenirs tués
chercher comment bien habiter
l'appartement qu'on me prête
dépoussiérer, aménager, laver
m'accompagner au son d'une radio –
rêver à la belle langue que j'entends sans
la comprendre et qui habite cet espace trop
vaste pour une personne
me coucher
pour déguster enfin arrivée
à/un Porto
Par AC
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